Les 5 meilleurs plugins de mastering gratuits

Cinq plugins gratuits suffisent à monter une chaîne de mastering complète : TDR Nova pour l'égalisation, TDR Kotelnikov pour la compression, LoudMax pour le volume, puis Youlean Loudness Meter et SPAN pour contrôler. Plutôt qu'une liste, voici la chaîne montée dans l'ordre, sur la piste master d'une copie de votre projet, avec un point de départ pour chaque réglage.
Le limiteur Limiter N°6, présent dans l'ancienne version de cet article, n'est plus développé par son éditeur ; TDR Kotelnikov prend sa place.
Avant de commencer : poser les instruments de mesure
On commence par la fin de la chaîne, parce qu'on ne règle bien que ce qu'on mesure.
Youlean Loudness Meter mesure le volume perçu en LUFS, l'unité des plateformes de streaming, ainsi que les crêtes réelles (true peak) et la dynamique, avec un historique sur tout le morceau. Placez-le tout en bas de la chaîne. Certaines fonctions avancées sont réservées à la version Pro, payante ; la version gratuite suffit pour ce travail.
Windows et Mac (VST, VST3, AU, AAX), et en application autonome.
Télécharger Youlean Loudness Meter

SPAN, de Voxengo, montre la répartition de l'énergie entre graves, médiums et aigus, avec en plus le niveau et la corrélation stéréo. Il ne touche pas au son, mais il révèle ce que vos enceintes cachent parfois, comme des basses très profondes inaudibles sur de petits haut-parleurs.
Windows et Mac (VST, VST3, AU, AAX).

Lancez la lecture sur le passage le plus fort du morceau et notez ce que donne le mix brut. Ce sont vos chiffres de départ.
Étape 1 : corriger l'équilibre avec TDR Nova
TDR Nova, de Tokyo Dawn Labs, est un égaliseur à quatre bandes avec filtres coupe-bas et coupe-haut, dont chaque bande peut devenir dynamique : elle n'agit que lorsqu'une fréquence dépasse un seuil. En mastering, c'est précieux pour calmer une basse qui déborde sur certaines notes seulement, ou des aigus qui piquent sur les refrains, sans toucher au reste du morceau.
Restez léger : quelques dB au maximum. Si vous avez besoin de plus, le problème est dans le mix, et c'est là qu'il faut le corriger. Sa fonction d'égalisation de volume aide à comparer avant et après sans se laisser tromper par le niveau. La section dynamique demande un peu de temps pour être bien comprise.
Windows et Mac (VST, VST3, AU, AAX).

Étape 2 : resserrer la dynamique avec TDR Kotelnikov
Un compresseur de bus pensé pour le mastering, du même éditeur. Son rôle ici est discret : faire tenir l'ensemble un peu mieux. Visez 1 à 2 dB de réduction de gain au maximum, avec une attaque plutôt lente pour laisser passer les transitoires de la batterie. Bien réglé, on l'entend à peine travailler, ce qui est exactement ce qu'on lui demande. Il a des temps de relâchement séparés pour les crêtes et pour le niveau moyen ; il ne colore pas le son.
Windows et Mac (VST, VST3, AU, AAX).
Étape 3 : monter le volume avec LoudMax
Le limiteur gratuit le plus simple qui soit, de Thomas Mundt : un seuil (Threshold) et un niveau de sortie (Output), rien d'autre. Il se place en dernier avant les outils de mesure. Réglez la sortie vers -1 dB, puis descendez le seuil en écoutant : arrêtez-vous dès que la batterie perd son impact ou que le refrain se tasse. C'est l'oreille qui décide, Youlean confirme.
Il n'a aucun réglage fin (relâchement, mode de limitation), et reste transparent tant qu'on ne le pousse pas trop.
Windows (VST 32 et 64 bits, VST3), Mac (VST, VST3, AU) et Linux.

Étape 4 : vérifier le volume pour le streaming
Spotify, Deezer, Apple Music et YouTube ramènent tous les morceaux à un volume proche, autour de -14 LUFS sur Spotify par exemple. Un master beaucoup plus fort est baissé à l'écoute : il a perdu de la dynamique pour rien. Comme point de départ, visez un volume intégré entre -14 et -9 LUFS selon le style (plus fort pour le rap et l'électro, plus dynamique pour l'acoustique), avec des crêtes réelles sous -1 dBTP pour éviter la distorsion à la conversion en MP3 ou AAC.
Un seul master suffit pour toutes les plateformes, à ces conditions ; elles ajustent ensuite le volume elles-mêmes.
Dernier réflexe, le plus important : comparez avec le mix d'origine au même volume. Un master plus fort paraît toujours meilleur au premier abord, même quand il ne l'est pas.
Et masteriser son propre morceau ?
On peut s'en approcher avec cette chaîne, mais c'est difficile. Après des heures de mixage, les oreilles se sont habituées aux défauts du morceau. Le mastering apporte justement une écoute neuve, sur d'autres enceintes. Pour comprendre où s'arrête le mix et où commence le master, voyez la différence entre mixage et mastering.
Et si vous hésitez avec un service automatique, j'ai comparé le mastering par une IA et par un humain.


