Stem mastering ou mastering stéréo : lequel choisir pour votre morceau

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Le mastering stéréo part d'un seul fichier, votre mix terminé, alors que le stem mastering part de quelques groupes de pistes (les stems) qui, joués ensemble, redonnent exactement ce mix. Si votre mix vous plaît et que personne n'a plus envie d'y toucher, envoyez le fichier stéréo. Si un élément vous gêne encore, une voix un peu en retrait ou une basse qui déborde, et que vous ne voulez pas rouvrir la session de mixage, les stems donnent à l'ingé son de mastering la marge pour le corriger.

Dans les deux cas, vous recevez à la fin un fichier stéréo masterisé. La différence tient à ce que l'on peut encore changer en chemin, et aux erreurs qu'on peut commettre en préparant les fichiers.

Ce que l'ingé son reçoit dans chaque cas

En stéréo, il reçoit un fichier WAV, celui que vous écoutez depuis des semaines. Tout y est soudé. Un égaliseur qui creuse le bas médium agit sur la basse, sur le corps de la voix et sur les guitares en même temps, puisqu'ils occupent ces fréquences ensemble.

Avec des stems, il reçoit en général entre deux et huit fichiers de même durée : par exemple la batterie, la basse, la voix principale, les chœurs, les instruments. Chacun contient un groupe de pistes déjà mixées, avec leurs effets et leurs volumes. Joués ensemble, faders à 0 dB, ils reconstituent le mix. L'ingé son peut alors traiter chaque groupe à part avant de travailler l'ensemble.

Ne confondez pas avec les pistes séparées d'un mixage. Pour mixer, il faut chaque instrument isolé, la grosse caisse d'un côté, la caisse claire de l'autre ; le guide de l'export multipiste explique comment les sortir. Pour un mastering, les stems restent des groupes.

Ce que les stems permettent de rattraper

Prenons un cas fréquent. Le limiteur fait monter le volume du morceau, et avec lui les « s » de la voix, qui se mettent à siffler. Sur un fichier stéréo, un de-esser réagit à toutes les hautes fréquences du mix : il calme les sifflantes, mais il éteint aussi un peu les cymbales et le souffle des guitares acoustiques. Sur le stem de voix seul, il ne touche que la voix.

Le même raisonnement vaut pour le grave. Une grosse caisse et une basse qui se disputent les 60 à 100 Hz se démêlent mal sur un mix entier ; avec deux stems, on peut baisser l'une d'un décibel sans toucher l'autre. Une réverbération trop présente se baisse si elle a son propre stem. Une voix qui manque de deux décibels au refrain remonte sans que le reste bouge.

Ce sont des retouches de quelques décibels. La direction du mix reste la même. Les stems évitent seulement qu'une correction faite pour un instrument retombe sur tous les autres.

Ce que le fichier stéréo protège

Le mix stéréo a une qualité que les stems n'ont pas toujours : il a été validé tel quel. Vous l'avez écouté en voiture, au casque, sur le téléphone, et vous avez dit oui. Un mastering stéréo part de cette décision et ne la remet pas en question.

Il élimine aussi une source d'erreur. Beaucoup de mix tiennent leur cohésion d'un compresseur posé sur le bus master, qui réagit à la somme de tous les instruments. Exportez la voix seule à travers ce compresseur, et il se comporte autrement, puisqu'il ne reçoit plus la batterie qui le faisait travailler. Les stems additionnés ne sonnent alors plus comme le mix que vous aimiez. Même piège avec les compressions en sidechain, la basse qui s'efface à chaque coup de grosse caisse par exemple : selon le logiciel, l'export d'une piste isolée ne respecte pas toujours ce déclenchement.

Le stéréo coûte enfin moins de temps à tout le monde. Un fichier à exporter, un fichier à vérifier.

Stem mastering ou nouveau mixage ?

Il y a une limite au-delà de laquelle les stems ne suffisent plus. Si la liste de ce qui vous gêne contient la voix, la caisse claire, les guitares et la largeur du refrain, le morceau a besoin d'un nouveau mixage, piste par piste, et le mastering viendra ensuite.

Un bon repère : si les corrections que vous imaginez tiennent dans une phrase (« la voix un peu plus devant, la reverb un peu moins forte »), les stems suffisent. Si vous devez écrire un paragraphe, parlez-en à la personne qui a mixé, ou confiez le morceau à quelqu'un qui le reprendra depuis les pistes séparées. La différence entre mixage et mastering aide à placer la frontière.

Combien de stems envoyer pour un mastering

Quatre à six stems couvrent la plupart des morceaux. Une découpe courante pour un titre pop, rock ou rap :

  • batterie et percussions (ou kick et 808 séparés, si le grave du morceau repose dessus) ;
  • basse ;
  • voix principale ;
  • chœurs, doubles et adlibs ;
  • instruments (guitares, claviers, synthés) ;
  • effets, si vos réverbérations et delays partagés sont sur des pistes de retour.

Au-delà de huit stems, on se rapproche d'un mixage sans en avoir les outils, et chaque fichier ajouté est une occasion de plus d'oublier une piste à l'export. Deux stems, instru d'un côté et voix de l'autre, suffisent déjà à rééquilibrer la voix, le cas le plus fréquent en rap.

Pour les retours de réverbération, choisissez une règle et tenez-la. Soit chaque groupe part avec ses effets (la reverb de la voix dans le stem voix), soit tous les effets partagés vont dans un stem à part. Le mélange des deux, où une reverb se retrouve à moitié dans deux fichiers, rend le rééquilibrage imprévisible.

Préparer ses stems pour le mastering, sans mauvaise surprise

La préparation se fait en une fois, et la dernière étape vérifie tout le reste.

  1. Retirez du bus master le limiteur et tout ce qui sert à faire du volume. Pour un compresseur de bus qui donne sa couleur au mix, demandez à l'ingé son de mastering ce qu'il préfère : le désactiver pour tous les stems et le signaler, ou garder le mix stéréo comme référence.
  2. Exportez tous les stems depuis le même point de départ, le début du morceau ou une mesure avant, jusqu'à la fin de la dernière queue de reverb. Ils doivent avoir exactement la même durée.
  3. Gardez le format de la session, en WAV, à la même fréquence d'échantillonnage pour tous les fichiers. Pas de MP3.
  4. Laissez de la marge. Aucun stem ne doit dépasser 0 dB, et la somme non plus. Pour le reste, le niveau importe peu : un mix qui culmine vers -5 dB ou vers -15 dB se masterise de la même façon.
  5. Exportez aussi le mix stéréo complet, avec les mêmes réglages. Il sert de référence.
  6. Faites la vérification par inversion de phase. Importez les stems dans une session vide, tous les faders à zéro, ajoutez le mix stéréo et inversez sa polarité. En lecture, vous devez obtenir le silence, ou presque. Si un instrument ressort, il manque dans un stem ; si tout ressort un peu, un effet de bus ou un sidechain s'est comporté autrement à l'export.

Ce test prend cinq minutes et évite le retour le plus agaçant, celui où l'on découvre au premier rendu que les chœurs du dernier refrain ont disparu.

Nommez enfin vos fichiers par leur contenu (« 03 Voix lead.wav », pas « Audio 3.wav ») et précisez dans votre message ce que vous aimeriez voir changer. Une demande comme « la voix un peu plus devant dans les refrains » oriente tout le travail ; sans elle, l'ingé son de mastering n'a pas de raison de toucher à l'équilibre.

Lequel choisir, selon votre situation

Vous avez mixé vous-même, chez vous, et vous doutez encore de quelques volumes ? Les stems. Ils compensent une partie de ce que la pièce ou le casque vous a caché, sans recommencer le mix.

Le mix vient d'un ingé son, vous l'avez validé, il sonne comme vous le voulez ? Le stéréo, sans hésiter. Ouvrir les stems reviendrait à rediscuter un équilibre déjà choisi.

Votre mix dépend beaucoup de la compression de bus ou de sidechains, et vous doutez de pouvoir exporter des stems qui passent le test d'inversion de phase ? Le stéréo, ou des stems accompagnés du mix complet pour comparer. La suite du travail, une fois les fichiers reçus, est décrite dans les étapes du mastering audio.