Les bases du mixage audio : comment obtenir un son équilibré

Mis à jour le 8 min de lecture

Mixer, c'est faire tenir ensemble toutes les pistes d'un morceau : on entend chaque élément, rien ne gêne, et l'ensemble avance. On peut y passer des années, mais la méthode de base tient en sept étapes, presque toujours dans le même ordre. À chacune, son piège de débutant.

Avant tout : ranger la session

Nommez et colorez vos pistes par famille (batterie, basses, guitares, claviers, voix), puis regroupez chaque famille sur un bus : vous réglerez toute la batterie d'un seul geste.

Vérifiez ensuite les niveaux d'entrée. Aucune piste ne doit saturer ; des crêtes autour de -6 dB et un niveau moyen nettement plus bas laissent de la marge, et les plugins qui imitent du matériel analogique se comportent mieux ainsi.

Importez enfin un morceau de référence du même style, dont vous aimez le son. Vous y reviendrez souvent, toujours au même volume que votre mix.

1. Les volumes, avec les seuls faders

Avant le moindre plugin. Partez de l'élément principal (la voix, ou la grosse caisse et la basse en musique électronique), puis ajoutez les autres un par un en vous demandant chaque fois si vous entendez le nouveau venu sans qu'il cache le précédent. Si le morceau sonne déjà bien avec les seuls faders, l'essentiel est fait et la suite sera facile.

Le piège : ouvrir un égaliseur ou un compresseur avant d'avoir trouvé cet équilibre.

2. Le panoramique, pour faire de la place en largeur

Ce qui porte le morceau reste au centre : voix principale, grosse caisse, caisse claire, basse. Les guitares, claviers, chœurs et percussions s'écartent sur les côtés, une guitare à gauche et l'autre à droite si vous en avez deux, et chaque côté reçoit à peu près le même poids. Écarter deux éléments qui jouent dans les mêmes fréquences est souvent plus efficace que de les égaliser.

3. L'égalisation, pour faire de la place en hauteur

On enlève d'abord, on met en valeur ensuite. Un filtre coupe-bas sur ce qui n'a pas besoin de grave (voix, guitares, claviers aigus) dégage le bas du spectre pour la basse et la grosse caisse. Le bas-médium, entre 200 et 500 Hz environ, s'accumule vite et rend le mix boueux : c'est la zone à surveiller. Quand deux éléments se battent, creusez légèrement l'un là où l'autre est le plus important.

Le piège : tout régler en solo, puis découvrir que rien ne tient ensemble. Une piste parfaite seule peut disparaître dans le mix ; égalisez en écoutant l'ensemble. Autre piège classique, chaque piste qui garde un peu de grave « pour le corps », et un mix qui devient sourd. La sélection de plugins d'égalisation détaille les outils.

4. La compression, pour stabiliser

Le compresseur rapproche les passages forts des passages faibles. Sur une voix, on entend tous les mots ; sur une basse, chaque note sort au même niveau ; sur une batterie, il peut ajouter de l'impact. Commencez doucement, 3 à 6 dB de réduction sur les passages les plus forts suffisent la plupart du temps. Chaque réglage est expliqué dans l'article sur la compression audio.

5. La réverbération et le delay, pour la profondeur

Placez-les sur des pistes auxiliaires, en envoi, plutôt que sur chaque piste : une ou deux réverbérations partagées rendent le mix cohérent. Filtrez-en le grave pour qu'elles n'encombrent pas le bas du spectre. Plus un élément a de réverbération, plus il paraît loin ; gardez la voix principale assez sèche pour qu'elle reste devant.

Le piège : trop de réverbération, qui éloigne et noie tout. Les reverbs gratuites et les delays gratuits ont chacun leur méthode de dosage.

6. L'automatisation, pour faire vivre le morceau

Un mix figé sonne plat. Montez la voix sur un mot qui se perd, poussez les guitares au refrain, ajoutez un écho sur la fin d'une phrase, baissez un élément qui gêne pendant un couplet. C'est souvent ce travail qui donne l'impression d'un mix produit.

7. L'écoute, pour vérifier que ça marche partout

Écoutez à volume modéré : fort, tout paraît meilleur et l'oreille fatigue vite. Passez sur plusieurs systèmes (enceintes, casque, écouteurs, téléphone, voiture), le casque et les enceintes se complétant, l'un précis et indépendant de la pièce, les autres plus justes sur l'espace et le grave. Vérifiez en mono : un élément qui disparaît signale souvent un problème de phase ou une stéréo trop élargie. Et faites des pauses. Après une heure, l'oreille s'habitue aux défauts ; réécouter le lendemain reste le meilleur test, d'où l'intérêt de plusieurs séances courtes plutôt qu'une très longue.

Le dernier piège : mixer avec un limiteur sur la piste master. On ne juge plus rien, et le mastering n'a plus de marge. Retirez-le avant d'envoyer votre mix ; le volume final se règle au mastering.